La discussion dans le couple

Tous les couples se battent. Beaucoup vivent les arguments de manière très négative, mais peuvent néanmoins créer un moment de croissance et une occasion de mieux se connaître. Mais il arrive souvent que le couple gère mal les petits conflits, ce qui les transforme en véritable crise. Cela se produit surtout pour deux tendances, l’une typiquement masculine et l’autre typiquement féminine. Les hommes ont tendance à s’enfuir devant les discussions. Ils n’aiment pas parler autant et n’aiment même pas écouter ceux qui sont en pleine ventilation. Ils sont pris de panique et abandonnent le navire devant le danger, généralement en claquant la porte. Et peu importe qui a raison ou tort, peu importe combien ils sont amoureux, tout le monde, sauf chacun, s’enfuit, laissant les femmes dans un océan de questions.
En revanche, nous, les femmes, avons un vice sanglant : nous parlons trop. Les mots nous rassurent. Nous les utilisons donc à la folie, ou plutôt nous en abusons. Nous n’imaginons jamais à quel point cela nous nuit, à quel point il serait plus facile de parler moins, de nous faire tort, de nous fermer dans un silence imperméable, de nous éclipser en claquant la porte.
Dans ces cas, il est beaucoup plus avantageux de choisir la voie d’évacuation.
Le silence nous effraie, il devrait plutôt être notre allié. En fait, c’est dans le silence que l’un offre à l’autre l’occasion de réfléchir et que nous pouvons à notre tour mieux nous comprendre et comprendre les autres. Le silence est une distance nécessaire, qui nous permet de nous calmer et de ne pas faire de gestes précipités. Dans la distance, nous pouvons nous retrouver, en reconnaissant, en même temps, l’importance de l’autre. C’est dans le silence que les sentiments d’amour émergent. Nous devrions prendre exemple sur les hommes.

Avec cette façon de faire, ils ont toujours voulu nous tenir dans leurs mains et ils ont réussi, il faut le reconnaître.


Il y a quelques jours, une dame m’a parlé de son expérience personnelle. Après trente ans de mariage, elle a enfin compris comment gérer les discussions avec son mari de manière positive (au moins) pour elle-même. Pendant qu’il parle sans arrêt, elle s’habille, ouvre la porte et sort, pendant ce temps il continue à parler. Cette dame était très satisfaite des résultats qu’elle avait obtenus et regrettait de ne pas l’avoir fait plus tôt. Aujourd’hui, son mari fait attention à ne pas l’obséder, de peur qu’elle ne parte ou même qu’elle ne fasse un aller simple (avec un retour), comme elle l’a déjà fait plusieurs fois, trouvant toujours à son retour son mari encore plus amoureux et affectueux.
De plus, elle est beaucoup plus sereine, plus détendue, encore plus belle. Elle a cessé de parler et a commencé à vivre.
C’est inutile, mes amis, les hommes ont raison : nous avons beaucoup à apprendre d’eux.

Dans un monde où la précarité et la flexibilité dominent et où les jeunes sont obligés de passer d’un emploi à l’autre, pour pouvoir payer le loyer, faire les courses, payer l’acompte de la voiture, bref survivre sans un possible et éventuel planning, on est aussi précaire en amour, temporaire même dans le cœur de quelqu’un, toujours prêt à trouver le repli et avec la roue de secours à bord.
Ils disent qu’il est nécessaire de s’adapter, car ce sont les règles maintenant et le fait que le monde aille ainsi ne signifie pas qu’il s’est aggravé, mais qu’il évolue simplement vers quelque chose de nouveau qui, dans quelques décennies, nous amènera à rebondir d’une occupation à l’autre en nous considérant libres et autonomes pour cela, sans nous demander “ce que je ferai demain”, sans aspirer à un lieu fixe ennuyeux. Je ne sais pas, mais je trouve cela difficile à croire.
L’être humain a toujours eu besoin de stabilité. C’est quelque chose de physiologique. Appelez ça “instinct”, si vous voulez. De même que j’amène les hommes préhistoriques à passer du nomadisme et de la chasse au village et à l’agriculture, et enfin à la ville, qui est devenue une métropole, pleine de gens qui vont et viennent du monde entier, où tout s’accélère, mais qui, pour fonctionner, a encore besoin d’horaires fixes, de règles fixes, bref, de certitude et de continuité.
Peut-on vraiment se passer d’une histoire d’amour stable et durable ?

En bref, pouvons-nous vivre bien toute notre vie en passant d’une relation à temps partiel à une autre ou avons-nous aussi besoin de sécurité émotionnelle pour progresser ?
Quand on s’aime en permanence, on fait ressortir le meilleur de l’autre. Le désir d’être meilleur que nous sommes naît en nous : perdre du poids, arrêter de fumer ou de se droguer, arrêter de boire, travailler plus dur, chercher un logement, renoncer à un mode de vie trop frivole, mieux prendre soin de soi, économiser de l’argent, mieux utiliser son temps, etc.
Dans le cadre d’une relation stable, l’incitation à adopter un modèle de vie plus sain et plus équilibré qui nous conduira à être de meilleures personnes et aussi de meilleurs citoyens grandit en nous. En bref, notre société a besoin de plus d’amour, et pas seulement de plus de travail, et d’une certaine manière, ces deux aspects vont de pair.
On ne peut pas vivre bien sans travail. Et on ne peut pas vivre bien sans amour. Le travail et l’amour sont deux lignes parallèles qui, à un certain moment, se croisent dans la vie de l’autre. Deux voies côte à côte dans la même direction.
Nous ne pouvons qu’espérer qu’ils seront aussi continus que possible, car, en sanglotant, nous n’avançons pas.

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